Historique de l’enseignement français à l’étranger

ReflexeS

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Historique de l’enseignement français à l’étranger

L’enseignement français à l’étranger est riche d’une histoire qui plonge ses racines jusqu’en 1689, année de création du “collège françois” à Berlin, où avaient fui de nombreux huguenots français après la révocation de l’Edit de Nantes. Les élèves français ont très vite été rejoints par des élèves allemands : ce brassage culturel reste encore aujourd’hui une caractéristique forte des établissements français dans le monde.

En 1868 à Istanbul, Victor Duruy, alors ministre français de l’instruction publique, coopère avec le sultan Abdulaziz pour restructurer le lycée de Galatasaray, qui, avec un programme français, a pour vocation de former les futurs cadres du pays.

Au début du XXe siècle, des écoles françaises sont créées en Egypte pour y contrecarrer l’influence britannique, puis en 1915, à Londres, le lycée français est créé en pleine guerre par Marie d’Orliac. 20 ans plus tard, à New York, un lycée français voit le jour grâce à la coopération de plusieurs institutions françaises avec l’Attorney general de la ville.

Une première association est créée dès 1902, la Mission laïque française (Mlf), qui commencera par fonder des écoles françaises sur le pourtour méditerranéen, avec pour objectif de proposer un enseignement loin de tout prosélytisme religieux, ce qui a permis à des élèves de différentes cultures de partager les mêmes bancs.
On le voit, ce très bref historique montre que plusieurs attributs de l’enseignement français à l’étranger étaient présents dès ses prémisses : établissements où se rencontrent plusieurs cultures, car fréquentés aussi bien par des Français que par des ressortissants locaux ou des élèves de pays tiers, vecteur d’influence de la France via la formation des élites locales et la coopération éducative, organisation en réseau sur certains territoires, diversité des modalités de création et de fonctionnement.

C’est d’ailleurs cette diversité, ainsi que la conscience de l’importance cruciale de l’EFE pour le rayonnement de la France, qui a mené le 6 juillet 1990 à la création de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger (AEFE), chargée de piloter l’ensemble du réseau de l’EFE.

Historiquement, les établissements français étaient principalement fréquentés par des familles françaises expatriées qui recherchaient un enseignement sans rupture entre leurs différents lieux de résidence, ainsi que par des élites locales, notamment intellectuelles, qui recherchaient dans ces établissements une éducation ouverte sur le monde et, dans certains pays, de meilleure qualité que le système scolaire local.

Aujourd’hui, le profil des familles françaises à l’étranger a changé. Beaucoup vivent l’expérience de l’étranger sans être professionnellement expatriés, donc sans primes d’expatriation ni prise en charge de la scolarité par leur employeur. Beaucoup souhaitent également s’installer durablement dans un pays avec le désir d’un lien fort avec la France. Si ces Français de l’étranger, de plus en plus nombreux, constituent des relais d’influence au quotidien, cela reste également le cas de l’ensemble des élèves qui bénéficient de l’enseignement français à l’étranger. En ce sens, y attirer les « élites » locales a toujours constitué un instrument privilégié de la diplomatie d’influence, également connue sous le nom de soft power. Actuellement, d’autres modalités, comme des filières bilingues dans les systèmes scolaires locaux, ouvrent implicitement l’EFE à des enfants de tous milieux sociaux. Les liens étroits tissés par des valeurs, une culture, une langue partagée, mais aussi par le souvenir d’une scolarité ouverte sur le monde, jouent un rôle non négligeable lorsque, dans les relations internationales, la France veut faire porter sa voix en faveur d’une approche multilatéraliste pour répondre aux enjeux globaux du XXle siècle. L’EFE constitue un instrument privilégié de la diplomatie d’influence donc, mais aussi de la diplomatie économique, en facilitant l’expatriation de cadres travaillant au sein d’entreprises françaises, ainsi que la scolarisation d’enfants de cadres ou employés locaux francophones, tout comme il facilite les échanges avec des partenaires étrangers. De plus, l’EFE représente un enjeu majeur pour l’attractivité de l’enseignement supérieur français, qui constitue un des piliers de notre soft power, où la création et les échanges de connaissance favorisent la compétitivité économique mais aussi l’élaboration et l’application de politiques internationales exigeant la coopération du plus grand nombre d’Etats et de sociétés, comme dans les domaines de l’environnement ou de l’intelligence artificielle, par exemple.

Ces éléments expliquent que le réseau de l’EFE soit en développement constant, s’appuyant sur l’AEFE, bien sûr, mais également sur les établissements partenaires, qui ont assuré la grande majorité de la croissance du réseau ces dix dernieres années puisque l’AEFE avait pour obligation de contenir son développement.

Le lycée français de Salonique en mars 1912 – Carte postale. Auteur inconnu Domaine public

1689

Création du « collège françois » à Berlin

1868

Restructuration du lycée de Galatasaray en Turquie

1902

Création de la Mission laïque française (Mlf)

1915

Création du lycée français de Londres

1935

Création du lycée français de New York

1990

Création de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE)

2000

Création de l’AFLEC (Association franco-libanaise pour l’Education et la Culture)

2001

Création des FLAM

2012

Création du LabelFrancEducation

Le grand lycée d’Alger (lycée Bugeaud) vers 1900 Carte postale. Auteur inconnu Domaine public
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