Historiquement, les établissements français étaient principalement fréquentés par des familles françaises expatriées qui recherchaient un enseignement sans rupture entre leurs différents lieux de résidence, ainsi que par des élites locales, notamment intellectuelles, qui recherchaient dans ces établissements une éducation ouverte sur le monde et, dans certains pays, de meilleure qualité que le système scolaire local.

 

Aujourd’hui, le profil des familles françaises à l’étranger a changé. Beaucoup vivent l’expérience de l’étranger sans être professionnellement expatriés, donc sans primes d’expatriation ni prise en charge de la scolarité par leur employeur. Beaucoup souhaitent également s’installer durablement dans un pays avec le désir d’un lien fort avec la France. Si ces Français de l’étranger, de plus en plus nombreux, constituent des relais d’influence au quotidien, cela reste également le cas de l’ensemble des élèves qui bénéficient de l’enseignement français à l’étranger. En ce sens, y attirer les « élites » locales a toujours constitué un instrument privilégié de la diplomatie d’influence, également connue sous le nom de soft power. Actuellement, d’autres modalités, comme des filières bilingues dans les systèmes scolaires locaux, ouvrent implicitement l’EFE à des enfants de tous milieux sociaux. Les liens étroits tissés par des valeurs, une culture, une langue partagée, mais aussi par le souvenir d’une   scolarité ouverte sur le monde, jouent un rôle non négligeable lorsque, dans les relations internationales, la France veut faire porter sa voix en faveur d’une approche multilatéraliste pour répondre aux enjeux globaux du XXle siècle. L’EFE constitue un instrument privilégié de la diplomatie d’influence donc, mais aussi de la diplomatie économique, en facilitant l’expatriation de cadres travaillant au sein d’entreprises françaises, ainsi que la scolarisation d’enfants de cadres ou employés locaux francophones, tout comme il facilite les échanges avec des partenaires étrangers. De plus, l’EFE représente un enjeu majeur pour l’attractivité de l’enseignement supérieur français, qui constitue  un des piliers de notre soft power, ou la création et les échanges de connaissance favorisent la compétitivité économique mais aussi l’élaboration et l’application de politiques internationales exigeant la coopération du plus grand nombre d’Etats et de sociétés, comme dans les domaines de l’environnement ou de l’intelligence artificielle, par exemple. Ces éléments expliquent que le réseau de l’EFE soit en développement constant, s’appuyant sur l’AEFE, bien sûr, mais aussi sur les établissements partenaires, qui ont assuré la grande majorité de la croissance du réseau ces dix dernieres années puisque l’AEFE avait pour obligation de contenir son développement.

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